Lycée Robert de Luzarches
année scolaire 2025 - 2026
Cette année scolaire 2025-2026, nous avons le plaisir d’inaugurer un nouveau partenariat avec le lycée Robert de Luzarches, dans le cadre de son enseignement de spécialité cinéma-audiovisuel.
Tout au long de l’année, les élèves et les enseignant.e.s assisteront à des projections en salle, bénéficieront d’interventions de professionnel.le.s de la filière cinéma et d’une relation privilégiée avec leur cinéma art & essai.
3 œuvres à découvrir en salle
pour les épreuves du baccaulérat des terminales
des séances Ciné-Club
pensées et animées par les élèves en spécialité cinéma
Mise en abime du cinéma dès le début : un scénariste narre son histoire. Il est mort : mise en abime de la mort du cinéma. Ce film se vaut bien plus méta-filmique qu’en apparence car il dépasse le cadre de la production d’un film. À la fois critique du cinéma d’industrie dans lequel baignent Billy Wilder et Charles Brackett depuis toujours mais aussi prouesse artistique de créer des allégories pour les plus attentifs ; un moyen de féliciter son spectateur pour son intelligence cinématographique. Ainsi, en avance sur son temps, le film est aussi beau par son visuel que par ce qu’il dénonce et interroge.
Gloria Swanson joue, presque, son propre rôle, celui d’une star déchue qui veut faire à tout prix son « comeback », ce qui la rend touchante. Ce dernier plan où elle descend dans la folie, ou bien un retour, presque, à la normale, est marquant ; elle revient à ce qu’elle était, une inconnue : le commun des mortels.
On retrouve ce questionnement sur le vieillissement des acteurs et actrices phares des années 20/30 ne se rendant pas compte qu’ils ont fait leur temps notamment dans le film Ed Wood, réalisé par Tim Burton. Or ici, le film met surtout la lumière sur les actrices icônes que délaisse Hollywood une fois ridées. C’est en cela que le rôle de Norma Desmond est bouleversant.
Cette dernière reste figée dans son passé de star, idolâtrée, et n’évolue pas avec son temps. Elle est piégée dans ce vécu qui n’arrivera plus jamais.
« Très bien, M. DeMille, je suis prête pour mon gros plan. »
Billy Wilder, Charles Brackett et D. M. Marshman Jr. ne racontent pas une série d’anecdotes et de références pendant une heure cinquante. L’apparition de Cecil B. DeMille n’est pas de l’ordre du caméo mais il permet de créer une réelle continuité entre la vie de Gloria Swanson, qui a joué pour lui, et celle de Norma Desmond, qui a aussi joué pour lui des années plus tôt, à l’époque du Hollywoodland.
À une première du film, le patron de la MGM est en colère, très en colère. Il court sur Billy Wilder et lui dit : « Nous devons vous expulser d'Amérique si vous continuez à mordre la main qui vous nourrit. Vous devriez être plongé dans du goudron, recouvert de plumes et traîné à travers Hollywood ! », ce à quoi, Billy Wilder aurait répondu un légendaire : « Va te faire foutre ».
Maryne De Pooter & Eliott Séret
élèves de classe de terminale en spécialité cinéma-audiovisuel du lycée Robert de Luzarches.
Call Me by Your Name est bien plus qu’un simple film, c’est une expérience profondément émouvante, nous montrant une autre manière de vivre, lentement, calmement. Le réalisateur prend le temps de nous plonger dans l’univers du film et n’a pas peur de s’attarder sur le moindre détail, le tout baigné dans l’esthétique d’une campagne italienne, au cœur d’un été ensoleillé.
Réalisé par Luca Guadagnino et adapté du roman d’André Aciman, Call Me by Your Name se déroule durant l’été 1983, dans le nord de l’Italie. Le film nous plonge dans le quotidien d’une famille américaine installée à la campagne, où se mêlent différentes langues et cultures. C’est dans ce cadre intime et lumineux que l’on suit Elio, un adolescent de 17 ans, lors d’un été marqué par l’éveil du désir et la découverte de soi.
Ce chef-d'œuvre capture la magie de la découverte de soi et de l'amour mais aussi celle du désir et du corps avec une très belle sensibilité. Le cadre ensoleillé de la campagne italienne pendant l'été crée une atmosphère qui transporte dans un monde de beauté et de liberté.
L’amour qui règne entre Elio et Oliver est présenté de manière si authentique et délicate qu'elle semble presque palpable : chaque regard échangé, chaque geste furtif, chaque moment de complicité est chargé d'une tension réellement profonde. La bande-son est si envoûtante, chaque chanson semble être un écho des sentiments tourbillonnants des personnages faisant de leur histoire d'amour, un voyage inoubliable et bouleversant. Call Me by Your Name est une histoire qui se ressent plus qu’elle ne se raconte.
Ce film révèle une histoire d’amour lucide et réaliste, qui s’éloigne des fins romantiques et classiques. Ici, les sentiments sont vrais et le film ne cherche pas à simplifier ce que ressentent les personnages rendant l’histoire complexe et bouleversante. Aller voir ce film en salle sera une réelle expérience inoubliable, c’est un film qui reste en tête après son générique, un film dont on a envie de parler et débattre par la suite.
Héléa & Arthur
élèves de première en spécialité cinéma-audiovisuel du lycée Robert de Luzarches